Dans le Tai Chi, la pensée ne peut être dissociée du mouvement: il faut être entièrement là, corps et âme. Il ne peut s’effectuer dans une sorte de rêve, l’esprit ailleurs.
Le Tai Chi est une prise de conscience de chaque mouvement du corps dans un “ici et maintenant” total.
Le passage constant d’une attitude à une autre sans aucune interruption impose au mental d’être présent en permanence au déroulement des mouvements.
Dès que le mental s’échappe, il y a temps d’arrêt, coupure dans l’enchaînement et en général le déroulement de l’exercice est interrompu, d’où une lutte constante entre le mental et cette prise de conscience de chaque instant.
Il ne s’agit pas de vouloir,à tout prix, chasser les images qui surviennent. Simplement à chaque fois qu’elles surgissent le constater dans la réalisation de l’exercice, et ramener, sans heurt, son mental sur ce qui est en train de se faire.
Surtout ne pas essayer de lutter avec son mental en voulant intervenir avec une sorte de volonté rigide, personnelle, mais bien au contraire, observer son jeu, rester extrèmement vigilant afin de ne pas s’y noyer. Le mental, après s’être épuisé, n’ayant pas été suivi, reviendra de lui-même, se poser sur l’objet de notre attention. Jeu subtil où nous devons être très prudents pour ne pas tomber dans les extrêmes – ni évasion dans le rêve, ni tension rigide – afin de maintenir, telle une balance, un équilibre entre les 2. En effet, si nous voulons imposer une quelconque direction à notre mental, il est à peu près certain que c’est lui qui nous possèdera sans même que nous nous en apercevions. Admettre tout ce qui apparaît dans une sorte de “lâcher-prise”, sans jamais intervenir, tout en restant en état de vigilance extrème à tout ce qui se meut en nous
A ce stade, le Tai Chi peut être considéré comme une méditation en perpétuel mouvement.
« Rechercher le mouvement dans le calme
et le calme dans le mouvement »




